Retenus depuis 5 mois au Yémen, les trois otages français de l'ONG Triangle Génération Humanitaire, ont été libérés ce matin. Au moment de leur disparition, ils travaillaient à la remise en état d'infrastructures après les inondations dévastatrices de 2008.
Ce sont deux femmes et un homme, âgés de 25 à 30 ans, ingénieurs de formation, qui avaient été envoyés au Yémen dans le cadre des programmes de Triangle Génération Humanitaire. Exposée à des vagues de violence, liées notamment à un mouvement de contestation du régime et à un regain d'activité d'Al-Qaïda dans le sud du pays, l'ONG lyonnaise avait suspendu tous ses programmes à la suite de la disparition de ses trois employés, le 28 mai dernier.
En bonne santé, les trois humanitaires devraient regagner la France dans les prochaines heures. Dans son communiqué, la présidence française précise que "le chef de l'Etat remercie chaleureusement le sultan d'Oman (ayant joué un rôle considérable) et les autorités omanaises pour leur aide déterminante, ainsi que toutes les personnes ayant contribué à cet heureux dénouement".
Opérant sur des théâtres de crises majeures, les acteurs humanitaires de terrain interviennent chaque jour dans des conditions de grande instabilité. Travailleurs solidaires, ils ne sont pas épargnés par les preneurs d'otages et ce partout dans le monde. Souvenons-nous des onze otages français de l'association Première Urgence, détenus par les Serbes de Bosnie pendant plusieurs années et libérés en 1994 ou encore des membres de Médecins du Monde, enlevés au Darfour en 2009.
Selon un rapport réalisé par l'Humanitarian Policy Group, en 2009, les attaques contre les travailleurs humanitaires ne cessent d'augmenter depuis 2006. Elles concernent avant tout les expatriés et les représentants de l'ONU. Ne serait-ce qu'en 2008, 260 acteurs humanitaires ont été enlevés, sévèrement blessés ou tués.
La Fondation Casques Rouges est heureuse et soulagée de ce dénouement et a toujours une pensée sincère pour les autres otages français encore en captivité : un agent de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) retenu en Somalie depuis le 14 juillet 2009, ainsi que quatre collaborateurs français du groupe AREVA, enlevés au Niger le 16 septembre 2010.