Con motivo de la 65° Asamblea General de la ONU, publicamos extractos del libro de Nicole Guedj, Presidente de la Fundación Cascos Rojos: Para Cascos Rojos en la ONU.
Extracto :
Katrina : l’exemple occidental
… Une nouvelle catastrophe majeure. Elle nous éloigne des rives des pays du Sud pour nous confronter aux problèmes du système humanitaire dans les pays développés.
Le 29 août 2005, aux alentours de 11 heures, le cyclone Katrina atteint la ville de La Nouvelle-Orléans, en Louisiane. Aucune raison a priori pour que les États-Unis aient des difficultés à réagir. Aucune raison de douter de la force de frappe des secours américains. Aucune raison de s’alarmer. Mais au final… un terrible bilan : 1 836 morts et 705 disparus. La Nouvelle-Orléans, envahie à 80 % par les eaux, est en grande partie dévastée. La population entière est sinistrée et se réfugie, des jours durant, dans un stade faisant office d’abri, sous le regard médusé de l’opinion mondiale. 86 milliards de dollars de réparations. Comment cela a-t-il pu se produire ?
Catastrophe naturelle, Katrina est surtout une catastrophe technique, une catastrophe logistique. Une catastrophe qui aurait pu être évitée. Car ce n’est pas tant l’ouragan qui a entraîné la disparition de plus de 2 500 per sonnes. Ce jour-là, c’est l’absence d’une veille efficace et la défaillance en chaîne du système d’alerte qui ont tué et détruit.
C’est le manque de prévision et d’informa tion qui a empêché les pouvoirs publics d’antici per la rupture des digues, cause de l’inondation de la région. C’est le manque de réactivité qui a, par la suite, rendu impossible l’achemine ment de secours adaptés sur les multiples théâtres du drame. Et c’est enfin le manque de régulation entre les différentes instances institutionnelles qui a enlisé la situation et provoqué des dégâts encore aujourd’hui visibles.
Face à cette catastrophe naturelle, qui appa raît comme l’une des plus destructrices de l’histoire des États-Unis, les pouvoirs publics américains se sont révélés paralysés par le manque de communication à tous les échelons : local, fédéral mais aussi au plus haut niveau de l’État. C’était la confusion. Beaucoup reprocheront à l’Administration Bush d’avoir « sacrifié » la sécurité de ses concitoyens au spectre d’actions terroristes potentielles, préférant refuser l’aide internationale plutôt que de s’ouvrir largement aux différentes formes de secours.
Le risque était connu. Il était parfaitement intégré. Différents exercices de simulation avaient été, à maintes reprises, organisés dans les régions concernées. Quelques jours avant la catastrophe, les experts du National Weather Service, le service de météorologie des États-Unis et du National Hurricane Center, le centre d’étude des ouragans, avaient identifié clairement la menace et les risques encourus par les États du Mississippi, de la Louisiane et de l’Alabama. Mais malgré cette conscience du danger, le système n’a pas fonctionné. Les auto rités locales, responsables par subsidiarité de l’organisation des secours, ont vite été débor dées. Et l’administration fédérale n’a pas su intervenir à temps pour prendre le relais des pouvoirs locaux. Le rapport d’enquête de la commission parlementaire parlera plus tard d’une « paralysie de l’initiative ».
Derrière le réel problème de coordination et de communication entre toutes les parties prenantes – à qui aucun état-major n’a pu donner de directives concrètes pour agir efficacement dans l’urgence –, je vois surtout un immense défaut de préparation. Nous disposions de toutes les informations nécessaires et nul n’a su réagir. Comment, dans le pays le plus puissant du monde, toutes les variables d’une crise sans précédent ont-elles pu être détectées sans qu’un plan d’ampleur ne soit mis en place instantanément ?
Le constat est sans appel : même les pays les plus industrialisés peuvent avoir besoin d’un soutien extérieur, d’un accompagnement tout au long de la crise, de professionnels pour gérer, sans passion ni biais idéo logiques, les situations de catastrophes humanitaires. Or, le seul acteur suffisamment légitime pour intervenir à la fois dans l’anticipation d’un tsunami en Asie du Sud-Est et la préparation d’un cyclone en Louisiane est sans conteste l’ONU.
De nombreux observateurs me répon dront que l’aura de l’ONU n’est plus la même qu’autrefois, que son autorité est bien souvent bafouée, que, pour nombre de pays, il s’agit encore d’une institution tout à la solde des grandes puissances. À supposer que ce soit le cas, quel acteur dispose aujourd’hui d’assez d’autorité pour prétendre coordonner des secours à l’échelle mondiale ? Seule l’ONU – et les experts qu’elle a le pouvoir de réunir en son nom – a potentiellement la force de frappe et le surplomb nécessaires pour aider tant les États-Unis que le Sri Lanka.
Si les Casques rouges avaient existé, investis de la légitimité naturelle de l’ONU – une légiti mité régénérée par leur propre création –, ils auraient été présents sur les lieux dès la détection du danger et auraient organisé pragmatiquement les secours, sans jamais perdre de vue les enjeux de subsidiarité entre les autorités locales et l’État fédéral.