Plus un mois ne passe sans qu’un ouragan, un cyclone ou un tremblement de terre ne frappe notre planète. Chaque année, ce sont 250 millions de personnes qui sont victimes des catastrophes naturelles. Elles ne seront pas moins de 375 millions en 2015. Au-delà de l’engagement remarquable des acteurs de terrain, il faut se rendre à l’évidence : la communauté humanitaire n’est plus assez forte pour relever seule les défis du changement climatique.
Le Tsunami qui a ravagé l’Asie du Sud-est en 2004 ou encore l’ouragan Katrina, meutrier pour l’Etat de Louisiane, ont mit en lumière les limites du système humanitaire actuel. Et pourtant, nous n’avons pas besoin d’un acteur supplémentaire. Les ONG et les agences intergouvernementales accomplissent déjà un travail considérable. Nous avons seulement besoin de préparation, d’encadrement, de coordination et de régulation.
C’est pourquoi, je plaide depuis plus de dix ans pour la création de Casques Rouges à l’ONU. Ces frères humanitaires des Casques Bleus auront vocation à organiser et coordonner l’action des équipes de secours déployées, dans l’urgence, sur un théâtre de catastrophe naturelle. En 2004, après le Tsunami, j’ai convaincu le Président de la République de transmettre, au nom de la France, cette proposition à Kofi Annan, qui l’a acceptée.
Il appartient désormais à la communauté internationale de se mobiliser pour en accélérer le processus de création. Et c’est pour aider à cette mise en œuvre que j’ai créé la Fondation Casques Rouges en 2006.
En attendant, toujours pour faciliter l’action humanitaire, nous travaillons à l’élaboration d’outils technologiques innovants qui seront utilisés dans le futur par les « Casques Rouges » et qui sont pour l’heure mis à la disposition d’agences onusiennes et d’ONG partenaires.
Après avoir conçu notre conteneur satellitaire Emergesat, en collaboration avec le Centre National d’Etudes Spatiales et Thales Alenia Space, nous avons notamment souhaité placer Internet au cœur de nos actions. Nous nous concentrons donc sur plusieurs projets interactifs dont MISSING, un moteur de recherche humanitaire mondial des disparus ou encore MyHumanitary, le premier média social humanitaire on-line.
Je me refuse à attendre l’avènement d’une prochaine catastrophe d’ampleur pour en appeler à la solidarité internationale. C’est en amont, pour prévenir la crise, que nous devons utiliser l’expérience et le savoir-faire des hommes et être ainsi prêts à réagir dans l’urgence.
