Abdou Diouf, Secrétaire Général de la Francophonie et parrain des Casques Rouges, est également l'auteur de la préface du manifeste de Nicole Guedj, "Pour des Casques Rouges à l'ONU". Dans ce dernier, la Présidente de la Fondation Casques Rouges prône la création d'une Force Humanitaire Internationale de Réaction Rapide.
Le projet porté par la Fondation Casques rouges est généreux et vraiment utile. Je dirais même nécessaire.
Quand Nicole Guedj, qui a créé cette Fondation et qui la préside aujourd’hui, m’a demandé de lui apporter mon appui en acceptant d’en être l’un des parrains, j’ai dit « oui » sans l’ombre d’une hésitation. C’était d’abord pour moi une manière de lui montrer toute ma confiance et ma reconnaissance pour son engagement sincère et courageux en faveur des droits de l’homme. Ce qui m’a immédiatement convaincu dans sa démarche, qui exprime toutes les valeurs d’humanisme que j’ai toujours défendues dans ma vie, c’est à la fois son réalisme et son audace.
Son réalisme d’abord : Nicole Guedj a bien compris que l’action humanitaire, qui s’est très rapidement et très largement développée ces dernières années, et qui est plus largement reconnue et soutenue par les opinions publiques, a besoin, pour être plus efficace et plus crédible, d’être plus structurée.
L’audace de sa démarche est également remarquable. L’une des grandes avancées éthiques et politiques qui marque aujourd’hui l’évolution des relations internationales, c’est la reconnaissance de l’impératif de la sécurité humaine et du principe de la responsabilité de protéger. Il est clair que cette grande avancée est confrontée, aussi bien dans les situations de conflit, comme au Darfour, que dans les situations de catastrophe naturelle, comme en Birmanie, à des difficultés politiques qui relèvent souvent d’une conception abusive du principe de non-ingérence. Nous constatons aussi que le recours à la logistique des armées pose problème.
Aussi l’idée défendue par Nicole Guedj de créer une force neutre, civile et purement humanitaire, sous l’égide des Nations unies, offrant des garanties de neutralité, obéissant à des règles consensuelles, est une idée importante, et toutes les bonnes volontés doivent être mobilisées pour la faire avancer, pour en rendre la réalisation possible.
Le combat engagé par Nicole Guedj est un combat important, je le soutiens, je continuerai à plaider inlassablement et de toutes mes forces en sa faveur.
M. Abdou Diouf
Ancien président de la république du Sénégal, secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie