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La Présidente de la Fondation Casques Rouges revient sur les étapes du dispositif Alerte enlèvement, dans un article en Une du Post.fr

 

Par Nicole Guedj, ancienne ministre, présidente de la Fondation Casques Rouges.



Je venais tout juste d’être nommée au gouvernement, en tant que secrétaire d’État aux Droits des Victimes, lorsque le petit Jonathan a été enlevé. Quand nous l’avons retrouvé mort, dans le périmètre même ou s'étaient déroulées les recherches, j’ai rapidement compris que nous n'avions pas tout mis en œuvre pour le retrouver, que notre système avait failli. Je me suis alors tournée vers les États Unis et le Canada, qui utilisaient le dispositif "Amber Alert" pour relayer le signalement des enfants disparus dans les médias, et permettaient ainsi à l'ensemble de leur population de participer aux efforts de recherche. C'est après un voyage d'études et de nombreuses rencontres avec les autorités locales, que j'ai conçu le modèle de l'Alerte enlèvement, officiellement instauré en 2006 dans notre pays.


À cette époque, l'Alerte enlèvement était diffusée sur les chaînes de télévision, les stations de radio et les panneaux autoroutiers. Pour améliorer l'efficacité du dispositif, je n'ai cessé de me mobiliser, notamment en faveur d'une meilleure utilisation des nouvelles technologies au service de ce dispositif. C’est ainsi que juste après l’enlèvement de la petite Élise André, en mai 2009, je me suis engagée dans la création de l’e-@lerte enlèvement sur le Web, en partenariat avec Orange, Free, SFR, Google, Yahoo!, Microsoft, Dailymotion, blogSpirit, l’ASIC (Association des Services Internet Communautaires) et Silicon Sentier. Grâce à cette nouvelle extension, plus de 2 millions d’internautes supplémentaires pouvaient être avertis en instantané de l'enlèvement d'un enfant.


Parallèlement, j’avais pris l'initiative personnelle de créer un groupe sur Facebook. En quelques semaines, plus de 250.000 membres y avaient adhéré et par la suite, les Alertes enlèvement déclenchées pour Ibrahima Nacir Doucoure en février 2010 et les fillettes disparues dans la Sarthe en septembre dernier, ont été diffusées sur ce groupe.


Mais cette démarche individuelle n'ayant une portée que trop limitée, j'avais voulu aller encore plus loin, en lançant un appel à Facebook dans Le Figaro du 1er mars dernier : "Un partenariat avec Facebook serait utile. Il faut utiliser toutes les nouvelles technologies pour faire barrage aux ravisseurs. Qu’ils sachent qu’entre les médias classiques, le Net ou encore le téléphone, des millions de personnes seront avisés du rapt. Une réalité qui pourrait les dissuader d’agir."


L'idée était alors d'établir un accord de partenariat officiel consistant en l’affichage d’un message sur le "mur" des personnes en ayant fait préalablement la demande. J'avais d’ailleurs expliqué cette proposition d'extension de l’Alerte Enlèvement à Facebook, en son temps, sur Le Post : "Nous avons déjà une application smartphone, que tout un chacun peut télécharger gratuitement pour ensuite recevoir les notifications, nous diffusons déjà les alertes via la télé, la radio et les panneaux autoroutiers. Nous devons continuer à innover et à élargir le champ de diffusion dans le but d'atteindre un maximum de personnes."

Sept mois plus tard, je me félicite que Facebook France ait répondu à cet appel et que les prochaines Alertes enlèvement soient transmises sur le réseau social.


Rappelons, en outre, que dans la même dynamique innovante, une application mobile pour iPhone, Blackberry et Android a également été développée par la Fondation Casques Rouges que je préside. Cette application a déjà été téléchargée par plus de 150.000 utilisateurs et permet aux usagers de recevoir une notification d'avertissement sur leur téléphone portable dès le déclenchement d'une Alerte enlèvement. Celle-ci a été activée, pour la première fois, lors de la disparition de Julie et Charline le 18 septembre.


Désormais, il reste une étape à franchir pour mettre toutes les chances du côté des victimes : l'extension de l'Alerte Enlèvement à l'Europe. Depuis sa création, l’Alerte enlèvement a largement fait ses preuves et je me réjouis des progrès accomplis. Mais des améliorations notables peuvent toutefois encore être apportées. Je plaide de longue date pour l’extension du dispositif à l’échelle de l’Europe. S’il est aujourd’hui particulièrement aisé pour un agresseur de passer les frontières, un déclenchement simultané de l’Alerte enlèvement dans plusieurs pays, dissuaderait encore davantage les ravisseurs de passer à l’acte. Nos voisins belges et suisses, que j’avais soutenus dans leur combat pour l’installation de l’Alerte enlèvement dans leur pays, sont tout à fait volontaires pour coopérer dans ce sens. Gageons que ces accords transfrontaliers soient effectifs avant le déclenchement d’une prochaine Alerte.

 





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