Accueil

  • English
  • French
  • Spanish

Actualités


Comment oublier Haïti et la catastrophe qui bouleversa la vie de ses millions d’habitants il y a désormais deux ans ? Le tremblement de terre de magnitude 7.3, qui frappa le pays à 25 km seulement de Port-au-Prince, a été d’une gravité sans pareille. Le bilan s’élève à 230 000 morts, 300 000 blessés et 1,2 million de sans-abri. La capitale reste, quant à elle, entièrement à reconstruire. Bilan de deux années d’épreuves haïtiennes.   

 

En janvier 2010, face à l’ampleur des dégâts, la communauté internationale s’émeut et s’organise afin de subvenir aux besoins de millions de sinistrés haïtiens. Le pays est alors à terre : de l’aéroport aux structures étatiques, c’est dans un véritable chaos que les acteurs humanitaires arrivent et tentent d’apporter leur pierre à cet édifice de solidarité. 
 
La Fondation Casques Rouges, que je préside, avait elle aussi apporté son soutien aux équipes locales de secours aux victimes, dépassées par la dimension de la catastrophe. Pleinement mobilisée pour mettre les nouvelles technologies au service de l’action humanitaire, la Fondation Casques Rouges a en effet déployé deux de ses conteneurs de télécommunications satellitaires, au lendemain du tremblement de terre, à la demande de l’Ambassadeur de France en Haïti. Alors que le réseau de communication du pays était totalement rompu, Emergesat a permis aux organisations gouvernementales et non gouvernementales de communiquer entre elles, d'échanger leurs données et de s'organiser. En moins de deux mois, 19 178 communications téléphoniques ont ainsi été établies soit plus de 1 352 heures de communications.
 
Lors de la mission humanitaire que la Fondation Casques Rouges a organisée sur place, quelques jours après le séisme, j’ai notamment tenu à rencontrer le Président René Préval et son épouse Elizabeth Delatour pour leur témoigner mon soutien ainsi que la détermination de la France à les aider à franchir cette terrible épreuve. A cette occasion, nous avons notamment évoqué ma proposition de création d’une force internationale humanitaire de réaction rapide, placée sous l’égide des Nations Unies. Et c’est immédiatement que celui qui a été le témoin d’une mobilisation internationale sans précédent mais aussi de la plus grande désorganisation des secours de ces dernières années, m’a rejointe dans mon combat et a lancé un « Appel pour des Casques Rouges à l’ONU » à toute la communauté internationale. Plus tard, nous avons poursuivi ensemble ce combat, en cosignant des tribunes et surtout, en allant plaider pour ce nouveau mode de gouvernance humanitaire devant Ban Ki-moon, Secrétaire Général de l’ONU.
 
 
Deux ans après, Haïti est toujours en reconstruction. Si beaucoup déplorent la lenteur du processus, il faut rappeler que le chantier est énorme. 2011 a été une année de transition difficile entre la phase de l’urgence et celle de la réhabilitation. 7 000 personnes sont mortes du cholera. Près de 500 000 personnes vivent toujours dans des camps de fortune où les conditions sanitaires ne cessent de se dégrader. Le chômage concerne encore 70% de la population malgré les 300 000 emplois temporaires créés par les efforts de reconstruction. Les 4 milliards d’aide internationale promis lors de la Conférence des donateurs n’ont été versés qu’à moitié. 
 
Pour aider Haïti à répondre à ces défis majeurs, oscillant entre urgence humanitaire et actions de développement, la communauté internationale ne doit pas se désengager. Souvenons-nous qu’aucun point de la planète n’est à l’abri.
 
Espérons que le nouvel élan donné par le Président Joseph Martelly, élu en mars 2011, permette au peuple de retrouver l’espoir et de continuer à se battre pour remettre sur pied le pays. 
 

 





load1 load2 load3 load4 load5