Kofi Annan l’avait annoncé : « le changement climatique est la plus grande crise humanitaire de notre temps ». A quelques heures du lancement de la conférence des Nations Unies Rio +20, quelle est la place accordée aux victimes de catastrophes naturelles dans les négociations annoncées sur le climat ?
Le changement climatique entraîne, chaque année, des bouleversements environnementaux de plus en plus meurtriers, avec un impact conséquent sur la sécurité alimentaire, la santé et la cohésion sociale des populations les plus exposées. La vulnérabilité de l’humanité nous renvoie à la fragilité de la planète. Alors que nous n’en finissons plus d’évaluer notre empreinte environnementale et de calculer notre efficacité énergétique, comment interpréter le fait qu’il n’existe aucune régulation ni gestion des « ressources humanitaires », des moyens matériels comme des moyens humains? Nous sommes parfaitement capables d’inventer un humanitaire efficace et durable. Et nous poursuivrons ce combat pour construire un humanitaire du temps de l’urgence avec des Casques Rouges, 100% humanitaires, articulés autour d’un état-major renforcé et d’une force opérationnelle d’appoint, munie de capacités technologiques.
Si les victimes des catastrophes naturelles n’ont pas été invitées aux tables des négociations du Sommet de Copenhague, formons le vœu qu’un vrai espace leur soit reservé à celles de Rio +20. Qu’elles soient, a minima, le sujet de discussion des débatteurs comme le seront les émissions de gaz à effet de serre...
Le nombre de réfugiés climatiques ne cesse d’augmenter et pourtant, comme le demandait Nicole Guedj en 2009 lors du Sommet de Copenhague, les victimes des catastrophes restent les grandes oubliées des réflexions menées autour du développement durable.
A la veille de la Journée Mondiale des Réfugiés, si la Présidente de la Fondation Casques Rouges salue l’initiative de création d’une Organisation Mondiale de l’Environnement, proposée en son temps par les Présidents Chirac et Sarkozy et relancée récemment par le Président Hollande, l’action humanitaire ne peut demeurer le parent pauvre de la politique mondiale. Elle aussi doit se doter d’un centre mondial d’organisation des secours … si ce n'est pour venir au secours de la planète, au moins à celui de ses habitants.