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Banda Aceh, 26 décembre2004 : le Tsunami en Asie du Sud-est a entraîné la mort de 280 000personnes et la disparition de plus de 130 000 individus. Privées devivres et d'eau potable, les populations vivaient dans des conditionssanitaires des plus déplorables. Le territoire, resté pendant des semainesdépourvu d'électricité et de moyens de communication, s'est retrouvé isolé.Pourtant, grâce à la diffusion en boucle, d'images du désastre sur l'ensembledes chaînes de télévision, l'opinion publique internationale s'est largementimpliquée pour venir en aide aux victimes. Campagne de levée de fonds sur lesécrans du monde entier, SMS militants, dons en ligne, l'utilisation desnouvelles technologies a permis de sensibiliser chaque citoyen, à la nécessitéde se mobiliser en faveur de l'action humanitaire. Grâce aux 13 milliards dedollars récoltés, les acteurs de la crise ont pu acheminer leur matériel depremière urgence et procéder à la reconstruction du pays dévasté par la catastrophe.  

Cette prise de conscience collective a marqué un tournant dans l’histoire de la solidarité entre les peuples. Depuis, chaque membre de la communauté internationale a à cœur d’assumer la « responsabilité de protéger », principe reconnu un an après par les Nations-Unies. Et pendant le Tsunami, les ONG et les Etats se sont efforcés d’honorer cette responsabilité envoyant tous azimuts des milliers d’hommes et des tonnes de matériels pour assister, tant bien que mal, les populations sinistrées. Malgré la bonne volonté générale, le manque d’organisation et de coordination des secours a empêché d’atteindre les objectifs d’efficacité exigés.

Face à ce bilan, seule une « force internationale humanitaire de réaction rapide », gérée par l’ONU, et permettant de mutualiser les ressources humaines et matérielles de chaque organisation, aurait permis de réagir, dans l’urgence, à l’ampleur d’une telle crise. Si l’on est en mesure d’envoyer des centaines de soldats et une logistique de taille, en quelques semaines, pour maintenir la paix sur une zone de guerre, c’est également à l’échelle des Nations-Unies qu’il faut penser l’organisation des secours aux victimes de catastrophes naturelles. C’est pourquoi, Secrétaire d’Etat aux droits des victimes en 2004, j’ai proposé la création de « Casques Rouges », « frères humanitaires » des Casques bleus. Ce projet a été soutenu par la France et accepté, alors, par le Secrétaire Général de l’ONU.

Dotée d’un Etat Major renforcé, il s’agirait pour cette force d’analyser en continu les risques potentiels de catastrophes et de pré-identifier les moyens humains et logistiques existants sur chaque continent, pour être capable d’intervenir dans l’urgence. Envoyés dans les premières 24 heures d’une crise, les « Casques Rouges » auraient pour mission de faire un état des lieux de la situation, pour ensuite solliciter l’aide internationale nécessaire à la prise en charge des victimes. Une fois déployée, celle-ci serait coordonnée par des spécialistes de l’action humanitaire. Regroupés sous une seule et même bannière, des pompiers, médecins, logisticiens, ingénieurs, géologues, professionnels de la sécurité…, ayant une parfaite connaissance du terrain, s’attacheraient à organiser précisément l’action des équipes de secours, pour optimiser l’investissement de chacun. Et pour faciliter le travail des ONG mobilisées, les « Casques Rouges » leur mettraient à disposition une flotte logistique, déjà pré-positionnée à proximité. Ainsi, nous pourrions compter sur des hélicoptères, des hôpitaux mobiles, des conteneurs de télécommunications, des outils de traitement de l’eau, toujours pour répondre efficacement aux exigences d’une catastrophe. Au final, il s’agirait de proposer à la grande famille des humanitaires, d’unir ses forces et ses moyens autour d’un unique organe international, habilité à opérer dans n’importe quelle région du monde.

Rangoun, 3 mai 2008 : Selon la junte birmane, le cyclone Nargis aurait fait plus de 130 000 morts et disparus. Les Nations Unies, quant à elles, parlent de 1,5 million de sinistrés. Et ces chiffres sont certainement encore sous-estimés. En moins de quelques heures, les principales infrastructures des régions de l’Irrawaddy et de l’ancienne capitale ont été détruites. Alors que l’ONU tente de négocier l’entrée de ses équipes dans un pays réfractaire à l’apport de toutes aides étrangères, que les ONG essaient d’acheminer des bâches, de l’eau, des tentes et de la nourriture, pour secourir la population, laissée pour l’heure à l’abandon, les « Casques Rouges » se seraient justement attachés, au préalable, à prévoir l’organisation d’une opération de secours en Myanmar.

Et c’est justement sur cette question cruciale que se porte aujourd’hui l’attention du monde entier. Alors que chaque jour, le nombre de morts ne cesse de croître, la junte birmane au pouvoir s’offre le luxe de n’accepter qu’au compte-gouttes, l’aide internationale. Pour les Etats-Unis, ce sera un avion de vivres et 250 000 dollars, pour la France, seulement 200 000 euro, par contre pour la Chine, l’Inde, la Thaïlande, le Bangladesh et Singapour, quelques dizaines d’hommes seront autorisés à pénétrer sur le royaume birman. Et qu’en est-il pour les Nations-Unies, censés représenter 192 pays et porter ainsi d’une seule voix, la volonté de la communauté internationale de venir en aide aux populations dévastées ? Ce ne sera que cinq jours après l’avènement de Nargis, que l’ONU réussira à faire parvenir en Birmanie de la nourriture et du matériel de secours. Alors qu’un deuxième cyclone menace la région, les équipes, elles, sont encore pour la plupart en attente de visas. Si nous pouvions imaginer que les dictateurs birmans s’opposeraient farouchement à l’intervention de tel ou tel pays à l’intérieur de leurs frontières, nous aurions pu croire, en revanche, que l’entrée des Nations-Unies aurait été largement plus simple, de par sa position de neutralité. Mais encore une fois, la réalité a démontré le contraire car en matière d’action humanitaire, la représentation onusienne reste très disparate, et il existe presque autant d’interlocuteurs au sein de cette institution que nous pouvons trouver de pays, prêts à aider la Birmanie.

Il est donc temps de créer un unique organe de gestion de l’aide humanitaire, qui serait le premier point d’entrée des gouvernements en difficulté, après le déclenchement d’une catastrophe naturelle. Ainsi, cette structure, reconnue par tous, aurait la légitimité de réagir sur tous les théâtres de crise, puis d’emporter derrière elle, les forces et les moyens nécessaires à leur bonne résolution. Pour les pays en crise, cela représenterait un certain gage de confiance car la responsabilité serait portée par une seule entité, s’engageant à respecter un cadre de coopération fixé préalablement. Et pour les pays solidaires, il serait bien plus aisé de répondre précisément à des besoins évalués par l’ONU, puis d’intervenir conjointement sous la direction d’un Etat-major international, plutôt que d’entrer dans des négociations insensées, soumis à des enjeux politiques et diplomatiques, pour porter naturellement assistance à personne en danger.

Aujourd’hui, la machine de l’ONU dispose de Casques Bleus pour réagir aux conflits armés, d’un Haut Commissariat des Nations-Unies pour les Réfugiés (UNHCR), d’une agence dédiée à la santé, d’une autre aux enfants… Jurons que l’acharnement de la nature déchainée forcera les hommes à créer, demain, des « Casques Rouges » dédiés à la prise en charge spécifique des catastrophes naturelles majeures.

Sichuan, 12 mai 2008 : un tremblement de terre d’une magnitude de 7,9 sur l’échelle de Richter a provoqué 50 000 morts et 40 000 disparus…

 





Rangoun, 3 mai 2008 :selon la junte birmane, le cyclone Nargis aurait entraîné plus de 130000 morts et disparus. Les Nations unies parlentde 1,5 million de sinistrés. Et ces chiffres sont certainementencore sous-estimés. En moins de quelques heures, les principales infrastructuresdes régions de l'Irrawaddy et de l'ancienne capitale ont été détruites.

On pouvait croire, les leçons du tsunami ou de Katrina tirées, que les secours bien organisés, la logistique bien huilée, nous allions assister à une déferlante de l’aide humanitaire spécialisée. Et puis stupeur, on constate les mêmes errements. Certes, le matériel existe, les colis (surtout estampillés «US Aid») sont disponibles, mais comme à chaque fois, il n’y a aucun moyen de les acheminer jusqu’aux lieux des drames. Pas d’hélicoptère, pas de moyen de transport, pas de système d’urgence de traitement de l’eau… Les caméras du monde entier doivent se contenter de leur arrivée sur l’aéroport de Rangoun et après ?
Mais pire encore, à la stupeur s’ajoute la consternation de voir que l’ONU tente de négocier l’entrée de ses équipes dans un pays réfractaire à l’apport de toutes aides étrangères, que les ONG essaient de quémander quelques visas. L’opinion publique reste incrédule. Déjà certains s’interrogent sur la légitimité d’une ingérence humanitaire qui pourrait même nécessiter l’usage de la force, ajoutant la violence au drame.


Une question majeure se pose : pourquoi l’ONU ne dispose pas de la légitimité requise aux yeux de la junte ?


Parce que l’image de l’ONU, c’est, pour partie, l’intervention de la communauté internationale en cas de conflit. C’est l’ONU qui prend des résolutions. C’est l’ONU qui prend des sanctions. C’est avant tout une force de maintien de la paix. Et pour nombre de pays, c’est encore l’image d’une administration toute à la solde des grandes puissances.


Sans l’excuser une seconde, on peut comprendre la réaction hostile d’une junte paranoïaque à la vision d’un navire de la marine militaire soupçonné de déverser, en même temps que ses rations de survie, ses agents ! C’est comme si l’on confiait la gestion du Samu à la BAC (Brigade Anti Criminalité) dans une banlieue «chaude».


Alors, bien sûr, l’ONU opère un grand écart, consciente de sa «responsabilité de protéger». Elle a su se doter d’agences comme le Haut Commissariat pour les réfugiés (UNCHR), le Programme alimentaire mondial (PAM), l’Unicef… Certains départements, comme le Bureau de coordination de l’action humanitaire (BCAH) existent, sans toutefois n’avoir jamais eu les moyens de se doter d’une force à l’image des Casques bleus, uniquement dédiée à l’aide humanitaire.


Il est donc temps de créer un unique organe de gestion de l’action humanitaire, qui serait le premier point d’entrée des gouvernements en difficulté, après le déclenchement d’une catastrophe naturelle.
Une structure spécialement et légitimement créée par les Etats membres. Une structure mondiale de coordination organisée autour de la notion de secours, d’éthique, de respect des croyances et des facteurs locaux. Une structure gérée par les spécialistes de l’urgence et de la logistique. Une structure aux objectifs sans équivoque, qui ne soit ni une émanation militaire ni une entrée du renseignement. Une structure constituée d’un état-major renforcé, chargée d’anticiper les risques potentiels de catastrophe et de pré-identifier les ressources humaines et matérielles existantes pour y faire face ; des unités régionales basées sur chaque continent, prêtes à intervenir dans l’urgence ; et enfin des moyens logistiques, rapidement déployables, pour faciliter le travail des équipes de secours et des ONG sur le terrain. Pour les pays en crise, cela représenterait un certain gage de confiance car la responsabilité sera portée par une seule entité, s’engageant à respecter un cadre de coopération fixé préalablement. Et pour les pays solidaires, il serait bien plus aisé de répondre précisément à des besoins évalués par l’ONU, puis d’intervenir conjointement sous la direction d’un état-major international, plutôt que d’entrer dans des négociations insensées, soumises à des enjeux politiques et diplomatiques, pour porter naturellement assistance à personne en danger.


Je milite depuis des années pour la création de ce corps des «Casques rouges». On m’écoute le temps d’un tsunami. Cette proposition de «force internationale humanitaire de réaction rapide» a été soutenue par la France et acceptée, alors, par le secrétaire général de l’ONU. Mais la pression médiatique retombée, qui se souviendra encore de cette nécessité. Le droit humanitaire doit entrer dans l’âge adulte et les Nations unies doivent imposer une nouvelle gouvernance humanitaire. Que pour une fois cela ne reste pas un coup d’épée dans le typhon.





La secrétaire nationale de l'UMP chargée desdroits de l'Homme, Nicole Guedj, a proposé samedi à la suite du séismemeurtrier en Algérie la création d'une "brigade de secours des Nationsunies", les "Casques rouges".  

"Ce corps permanent spécialisé", qui serait composé de médecins urgentistes et de spécialistes du génie civil, serait "susceptible d'intervenir aussi bien en cas de catastrophes naturelles que de grandes épidémies", explique Mme Guedj dans un communiqué.
Elle ajoute que cette brigade pourrait être "dotée d'une logistique à la hauteur de la tâche", notamment d'un "porte-avions humanitaire, véritable hôpital flottant doté d'hélicoptères de transport, de conteneurs de groupes électrogènes et de traitement de l'eau".

Cette brigade constituerait "un corps de super pompiers à l'échelle de notre monde, des brigades d'un nouveau type, sorte de « frères » des Casques bleus, les « Casques rouges », ajoute Mme Guedj, qui souligne que l'Union européenne pourrait "prépositionner un corps européen de pompiers spécialistes des situations extrêmes".
 

 





Séisme en Turquie, inondations mortelles en Argentine, tremblements de terre en Algérie... Ces faits se banalisent chaque fois davantage.

Séisme en Turquie, inondations mortelles en Argentine, tremblements de terre en Algérie... Ces faits se banalisent chaque fois davantage. On envoie des équipes pléthoriques de journalistes pour couvrir une guerre annoncée, mais les millions de morts des secousses de notre planète ne font parfois que quelques minutes de commisération au JT de 20 heures. Les Français ont pourtant touché du doigt la solitude des grands abandonnés après les violentes inondations de l'Ouest, de la Somme et du sud de la France. Certains ne s'en sont encore pas remis. Et nous vivons dans un pays formidablement organisé, disposant de moyens humains et matériels, de pompiers expérimentés, de routes, d'hôpitaux et d'infrastructures remarquables. Les conséquences dramatiques de tels événements dans des pays endettés et sous-équipés nécessitent une aide importante du G8. Face au dénuement devant la catastrophe, la compassion et la solidarité individuelle des Etats ne suffisent pas. La communauté internationale doit assurer une réponse collective au nom du principe d'humanité.

Je ne peux, quant à moi, me résoudre à accepter que l'on sache envoyer des centaines de milliers de soldats ainsi qu'une incroyable logistique en quelques semaines en Irak et abandonner au bon vouloir des Etats et au dévouement des ONG les secours aux victimes des catastrophes naturelles. Il est temps de proposer la création d'une véritable « brigade de secours des Nations unies ». Ce corps permanent spécialisé serait composé de médecins urgentistes, de spécialistes du génie civil: un corps susceptible d'intervenir aussi bien en cas de catastrophes naturelles que de grandes épidémies qui se profilent à l'horizon. Une brigade dotée enfin d'une logistique à la hauteur de la tâche. Comme j'aimerais qu'il existe un porte-avions humanitaire, véritable hôpital flottant, doté d'hélicoptères de transport, des conteneurs de groupes électrogènes et de traitement de l'eau. Bref, un corps de superpompiers à l'échelle de notre monde, des brigades d'un nouveau type, sortes de « frères » des Casques bleus: les « Casques rouges »

Je serais fière de voir les chaînes d'information continue diffuser en boucle le décollage d'avions de transport gros-porteurs avec à leur bord les Casques rouges partant au secours d'une partie de notre famille humaine décimée par telle ou telle catastrophe. N'ont-elles pas fait défiler l'envol des bombardiers B52 ? Je n'imagine pas un pays refusant de contribuer au financement de cette brigade permanente. Il n'est rien de plus efficace que de se doter des bons outils. La communauté internationale en manque souvent cruellement. Voilà une belle opportunité, incontestable, sans critique possible, de redonner aux Nations unies cette place centrale tant convoitée, pragmatique, par une simple réponse aux besoins de notre civilisation.

Quant à l'Union européenne qui peine encore à se doter d'une défense commune, elle pourrait prépositionner un corps européen de pompiers spécialistes des situations extrêmes. Ce corps serait mis à la disposition de la brigade permanente de secours. S'il avait existé, il aurait sans doute montré tout son intérêt et son utilité lors des tremblements de terre en Italie ou des inondations dramatiques en Allemagne ou en France.

Le secours doit devenir un droit, un des droits de l'homme inscrit dans nos chartes. La France se doit de porter ce combat.

 





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