Accueil

  • English
  • French
  • Spanish

Actualités


Intervention de Nicole Guedj aux côtés de Rama YADE, secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme

Le Mercredi 17 juin 2009, à l’occasion du premier débat thématique mis en place par Jean Pierre RAFFARIN et Axel PONIATOWSKI : « Les Rendez-vous internationaux du Mouvement Populaire », Nicole Guedj interviendra, aux côtés de Rama YADE, Secrétaire d’Etat chargée des Affaires étrangères et des Droits de l’Homme, de Philippe VITEL Député du Var, Vice-président de la Commission de la Défense, Président du Groupe d’études « Action Humanitaire », de François GRÜNEWALD, Directeur général et scientifique du Groupe URD et de Benoît GALLET, Président de l’association TULIPE.
Le débat sur le thème « Y a-t-il une spécificité des ONG françaises ? » sera animé par Marie-Dominique AESCHLIMANN, Secrétaire nationale chargée des Libertés individuelles, des Droits de l’Homme et de l’Action humanitaire

Rendez vous à 18h30, 55, rue de la Boétie 75008 Paris.

 

 





« Nous souhaitons inviter les étudiants des universités et des grandes écoles à conceptualiser un projet technologique innovant permettant de renforcer les capacités d’intervention des ONG.»

Madame le ministre, vous êtes présidente de la fondation Casques Rouges, pouvez-vous nous la présenter ?


J’ai créé cette fondation, en 2006, pour faciliter l’action humanitaire. Elle est parrainée par le professeur Elie Wiesel, Prix Nobel de la paix et Monsieur Abdou Diouf, ancien président de la République du Sénégal, Secrétaire Général de l’Organisation Internationale de la Francophonie.

Pour atteindre notre objectif, je préconise depuis1997 la création d’une « force internationale humanitaire de réaction rapide », baptisée Casques Rouges, placée sous l’égide de l’ONU, pour coordonner l’action des équipes de secours, intervenant dans l’urgence, sur un site de catastrophe majeure. En outre, nous ambitionnons également d’utiliser les nouvelles technologies au service de l’action humanitaire, en concevant des outils logistiques innovants, que nous mettons à disposition d’agences onusiennes et d’ONG partenaires. Nous avons ainsi développé Emergesat, un conteneur humanitaire de télécommunications et d’échanges d’informations par satellites. Il a été expérimenté début 2008, au Tchad, dans les camps de réfugiés darfouris, en partenariat avec le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR).

 

Votre fondation organise le Challenge Humanitech, quelle est sa vocation ?


Il s’agit du premier concours étudiant de l’invention humanitaire et nous souhaitons inviter les étudiants des universités et des grandes écoles à conceptualiser un projet technologique innovant permettant de renforcer les capacités d’intervention des ONG. Nous voulons organiser un événement dynamique et engagé, faisant appel à la créativité des étudiants tout en leur permettant d’envisager l’action humanitaire sous un angle pratique et novateur.

Comment se déroule le concours ?


Les étudiants doivent se constituer en équipe de 4 à 6 personnes et s'inscrire avant le 27 mars 2009. Ils seront dès lors parrainés par un entrepreneur du secteur, qui les accompagnera dans leur réflexion, lors de deux demi-journées de travail. La présentation des dossiers aura lieu le 28 mai 2009, devant un jury de professionnels, composé notamment de Valérie Pécresse qui a accepté de parrainer ce concours.

 

Quelles seront les récompenses accordées aux lauréats ?

 

L’équipe lauréate se verra attribuer un chèque de 5 000 euros. En outre, nous ambitionnons surtout de créer des ponts entre tous les acteurs de ce concours soit les étudiants, les entreprises et les associations, pour favoriser la réalisation des projets soumis par les candidats.



Propos recueillis par Johanna Naon





Nicole Guedj ancienne secrétaire d’Etat aux Droits des victimes, présidente de la Fondation casques rouges.

Rangoun, 3 mai 2008 : selon la junte birmane, le cyclone Nargis aurait entraîné plus de 130 000 morts et disparus. Les Nations unies parlent de 1,5 million de sinistrés. Et ces chiffres sont certainement encore sous-estimés. En moins de quelques heures, les principales infrastructures des régions de l’Irrawaddy et de l’ancienne capitale ont été détruites.


On pouvait croire, les leçons du tsunami ou de Katrina tirées, que les secours bien organisés, la logistique bien huilée, nous allions assister à une déferlante de l’aide humanitaire spécialisée. Et puis stupeur, on constate les mêmes errements. Certes, le matériel existe, les colis (surtout estampillés «US Aid») sont disponibles, mais comme à chaque fois, il n’y a aucun moyen de les acheminer jusqu’aux lieux des drames. Pas d’hélicoptère, pas de moyen de transport, pas de système d’urgence de traitement de l’eau… Les caméras du monde entier doivent se contenter de leur arrivée sur l’aéroport de Rangoun et après ?


Mais pire encore, à la stupeur s’ajoute la consternation de voir que l’ONU tente de négocier l’entrée de ses équipes dans un pays réfractaire à l’apport de toutes aides étrangères, que les ONG essaient de quémander quelques visas. L’opinion publique reste incrédule. Déjà certains s’interrogent sur la légitimité d’une ingérence humanitaire qui pourrait même nécessiter l’usage de la force, ajoutant la violence au drame.


Une question majeure se pose : pourquoi l’ONU ne dispose pas de la légitimité requise aux yeux de la junte ?


Parce que l’image de l’ONU, c’est, pour partie, l’intervention de la communauté internationale en cas de conflit. C’est l’ONU qui prend des résolutions. C’est l’ONU qui prend des sanctions. C’est avant tout une force de maintien de la paix. Et pour nombre de pays, c’est encore l’image d’une administration toute à la solde des grandes puissances.


Sans l’excuser une seconde, on peut comprendre la réaction hostile d’une junte paranoïaque à la vision d’un navire de la marine militaire soupçonné de déverser, en même temps que ses rations de survie, ses agents ! C’est comme si l’on confiait la gestion du Samu à la BAC (Brigade Anti Criminalité) dans une banlieue «chaude».


Alors, bien sûr, l’ONU opère un grand écart, consciente de sa «responsabilité de protéger». Elle a su se doter d’agences comme le Haut Commissariat pour les réfugiés (UNCHR), le Programme alimentaire mondial (PAM), l’Unicef… Certains départements, comme le Bureau de coordination de l’action humanitaire (BCAH) existent, sans toutefois n’avoir jamais eu les moyens de se doter d’une force à l’image des Casques bleus, uniquement dédiée à l’aide humanitaire.


Il est donc temps de créer un unique organe de gestion de l’action humanitaire, qui serait le premier point d’entrée des gouvernements en difficulté, après le déclenchement d’une catastrophe naturelle.


Une structure spécialement et légitimement créée par les Etats membres. Une structure mondiale de coordination organisée autour de la notion de secours, d’éthique, de respect des croyances et des facteurs locaux. Une structure gérée par les spécialistes de l’urgence et de la logistique. Une structure aux objectifs sans équivoque, qui ne soit ni une émanation militaire ni une entrée du renseignement. Une structure constituée d’un état-major renforcé, chargée d’anticiper les risques potentiels de catastrophe et de pré-identifier les ressources humaines et matérielles existantes pour y faire face ; des unités régionales basées sur chaque continent, prêtes à intervenir dans l’urgence ; et enfin des moyens logistiques, rapidement déployables, pour faciliter le travail des équipes de secours et des ONG sur le terrain. Pour les pays en crise, cela représenterait un certain gage de confiance car la responsabilité sera portée par une seule entité, s’engageant à respecter un cadre de coopération fixé préalablement. Et pour les pays solidaires, il serait bien plus aisé de répondre précisément à des besoins évalués par l’ONU, puis d’intervenir conjointement sous la direction d’un état-major international, plutôt que d’entrer dans des négociations insensées, soumises à des enjeux politiques et diplomatiques, pour porter naturellement assistance à personne en danger.


Je milite depuis des années pour la création de ce corps des «Casques rouges». On m’écoute le temps d’un tsunami. Cette proposition de «force internationale humanitaire de réaction rapide» a été soutenue par la France et acceptée, alors, par le secrétaire général de l’ONU. Mais la pression médiatique retombée, qui se souviendra encore de cette nécessité. Le droit humanitaire doit entrer dans l’âge adulte et les Nations unies doivent imposer une nouvelle gouvernance humanitaire. Que pour une fois cela ne reste pas un coup d’épée dans le typhon.


 






Organisé par la Fondation Casques Rouges, sous le haut patronage de Madame Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, le Challenge Humanitech a invité les étudiants des universités et des grandes écoles françaises à développer des outils technologiques innovants, permettant de faciliter l’action humanitaire. Au total, près de 120 équipes d’étudiants, venant des quatre coins de la France, ont participé à cette manifestation qui s’est déroulé à la Cantine.

De nombreux professionnels ont accepté de faire parti de notre jury parmi lesquels : Yannick d’Escatha, Président du Centre National d’Etudes Spatiales, Yves le Mouël, Directeur Général de la Fédération Française des Télécom, Pierre Aliphat, Délégué Général de la Conférence des Grandes Ecoles, Gilles Pennequin, Responsable Développement durable de la Mission Union pour la Méditerranée, Julien Roitman, Président de l'Association des Supélec, Vice-Président Fondateur de France Compétitivité, Pia de Brantes, Administrateur de CARE France, Stephane Distinguin, Président de Silicon Sentier, Philippe Boissat, Président de 3i3s, Johanna Naon, Directrice Générale de Campus Mag, Cedric Errero, Directeur La Green Team,  Pierre Camy, Fondation Casques Rouges.

 

Les étudiants présents ont tous soutenus leur projet avec énergie, ferveur et détermination. Valérie Pécresse ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a d’ailleurs déclaré : « Je veux aujourd’hui vous encourager solennellement à poursuivre votre travail. Cette journée ne marque en rien la fin de votre engagement mais bien le début d’une nouvelle aventure. Tous vos projets en valent la peine ».  

 

Si tous les membres du jury ont souligné la qualité, la perspicacité et l’efficience des projets qui leur ont été présentés ils ont tout de même eu la lourde tache de nommer le lauréat.

 

Pour la première édition du Challenge Humanitech, les jurés ont choisi de plébisciter le purificateur d’eau saumâtre à distillation solaire défendu par l’équipe de l’IUT Grenoble. Ce projet a pour but ultime de favoriser l’accès à l’eau potable dans les pays en voie de développement. Gilles Pennequin (Responsable Développement durable de la Mission Union pour la Méditerranée), a d’ailleurs déclaré à ce propos : « ce projet répond à une réelle demande à court terme ».

 

Deux autres projets particulièrement innovants ont retenu l’attention du juré : Humanidrone et Génération Humanitaire. Les étudiants de ces deux groupes seront accompagnés par la Fondation Casques Rouges dans le développement de leur projet.

 

Les vainqueurs, au-delà  d’avoir eu l’opportunité de présenter leur projet devant la ministre de la Recherche et de l’Enseignement supérieure ont reçu un chèque de 5 000€ et pourront bénéficier d’un stand au prochain Forum Mondial de l’Action Humanitaire International qui se déroulera à Paris du 12 au 15 septembre.

 

En outre un reportage dédié à leur projet sera déroulé dans les salles UGC et sur France télévision.

 

Nicole Guedj  s’est félicitée de la réussite de cet événement et a dors et déjà annoncé que le Challenge Humanitech sera réitéré l’année prochaine avec toujours plus d’étudiants et de projets fantastiques au service de l’action humanitaire.

 

Plus d'informations : www.challenge-humanitech.com

 





load1 load2 load3 load4 load5